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Kdom Artiste

Kdom

est née en Picardie, à La Fère plus exactement, comme son homologue Clovis Trouille, peintre encore trop méconnu du grand public avec qui elle partage le goût de l’érotisme sans concession commerciale.

Dès son plus jeune âge, elle est passionnée par le dessin, la peinture, la lecture et la danse ; activités qu’elle pratiquera régulièrement. Après son baccalauréat, elle se rend à Paris pour suivre des études de Lettres modernes à la Sorbonne, ainsi que des cours de danse classique et moderne à Pleyel. C’est là qu’elle découvre une petite annonce pour une audition au Crazy Horse Saloon de Paris. Elle y passera presque quatre années avant de sévir dans une célèbre émission de télévision.

Après un parcours agité, elle retrouve sa passion pour la peinture qui ne l’a jamais vraiment quittée puisqu’elle se rend fréquemment dans des ateliers d'artistes afin de poser, et d’acquérir en les regardant œuvrer, la technique qui lui manque. Obsédée par le temps qui passe et par le caractère éphémère de l’existence humaine, elle se sert de son enveloppe comme support pour se réinventer sur la toile.




KDOM : Un Hymne à la beauté
Par Edouard Valdman

Poète, écrivain, journaliste et conférencier. Dernier livre paru « Le Roman de l’Ecole de Nice ». Editions de la Différence


La beauté m’est toujours apparue comme un défi, et toujours j’ai tenté de m’en approcher et parfois de m’en saisir.

Il me semblait qu’elle possédait un mystère dans lequel se trouvait contenue l’énigme même de l’humain. Il permettait d’accéder à une dimension autre, dont nous étions séparés par notre imaginaire et nos fantasmes, à moins que ce soient ceux-ci qui nous la rendent plus accessible.

J’ai toujours été convaincu par ailleurs, que sur les reins des femmes se jouait un drame de la plus haute importance. Y réside une noblesse dont je n’ai jamais compris l’exacte signification et qui pourtant, crée la distance. Elle renvoie à une dimension plus haute. Elle est gage d’un ailleurs.

Est-ce la culture qui crée cette distance, est-ce la répression du désir ? Est-ce la faute inculquée depuis toujours, depuis le jardin et la chute ?

Ce dont il s’agit, c’est de s’approcher, de tenter d’apprivoiser et de comprendre. Sans doute la beauté révèle-t-elle en nous un dépôt d’or, gage de notre désir d’éternité.

Kdom artiste peintre et son œuvre appartiennent à cet ordre.

Bien plus, Kdom a pris son propre corps comme objet de sa peinture. Elle en a le culte et l’obsession, si bien que chacun de ses tableaux est en fin de compte un auto-portrait.

Sa démarche peut paraître provocatrice, d’autant plus que dans ce qu’elle représente, c’est sur les reins et les jambes qu’elle porte la plupart du temps son effort. Elle le fait avec talent, finesse et sensualité.

Celle-ci est gouvernée par une attitude et une volonté très précises : affirmer la beauté de la femme et sa liberté, la faire sortir de tous les tabous et les enfermements dans lesquels elle a été immémorialement emprisonnée, la glorifier.

Au moment où l’art se débat souvent au milieu d’une grande confusion, il est bon de retrouver certains critères et avant tout celui de l’esthétique.

L’art de Kdom resitue le corps de la femme dans sa splendeur, loin de toute culpabilité. Pour l’apprécier, il faut avoir un regard pur, désencombré des idéologies. Il faut se situer au-delà de l’Histoire, dans le cœur même de la création , ouvert au miracle de la nature.

Nous appartenons à une civilisation dans laquelle, depuis Platon, l’esprit a été séparé du corps. Kdom les réunit à nouveau et cherche son âme à travers les lignes de son corps.

Quelle quête est plus haute ?

C’est pourquoi d’aucuns ne supportent pas ce dévoilement et le répriment. Ce n’est pas exactement par pudeur, devant une présence qui serait gage du divin et que la beauté révèlerait. Ce serait plutôt par terreur, devant la part de liberté, que le désir pourrait révéler en eux.

L’asservissement de la femme serait, en ce cas, une peur immense devant son propre désir et l’exigence qu’il peut faire naître en soi. L’œuvre de Kdom lève le voile. Elle n’est pas impudique. Elle place le spectateur devant sa liberté.

Kdom n’est pas une intellectuelle mais une artiste. Elle n’appréhende pas le monde à travers le concept mais grâce à sa sensibilité.

Ce n’est pas un hasard si son philosophe préféré est Friedrich Nietzsche. Il est avant tout un poète. S’il s’élève au-dessus des penseurs de son temps, ce n’est pas par la vertu de son discours mais par celle de ses intuitions. La pensée passe dans son sang, dans ses nerfs avant d’être formulée dans des mots.

Kdom est tout à fait en prise sur son temps. Elle est plurielle. Elle ne souhaite pas s’enfermer dans une spécialité. Elle est peintre, danseuse et écrivain. Elle déploie son talent dans les possibilités diverses de sa nature. Elle s’exprime dans toute l’étendue de son désir.

J’ai oublié de dire sans doute l’essentiel. Kdom est charmante. Lorsqu’elle peint la beauté, elle sait ce dont elle parle. Elle habite sa parole. Elle est crucifiée par elle et c’est là, sans doute, sa dimension proprement originale. Elle prend la place de l’homme, à l’intérieur de cette immolation. Elle reprend en compte, en même temps que lui, l’énigme de la beauté, sa douleur.

Ce n’est plus le Fils qui est sur la croix, les bras écartelés par l’intensité de ses désirs. C’est la femme, et c’est en ce sens que l’itinéraire de Kdom est exemplaire.

Il ouvre à l’imagination et au désir une terre nouvelle et infinie, et c’est sans doute ici que se situe une des grandes questions de notre avenir : un désir réconcilié avec lui-même, au-delà des clivages des genres, par une prise en compte générale de la grandeur et de la difficulté d’être.

Son art est un hymne à la beauté et au bonheur.




Par G. LEVY


Kdom est une artiste hors norme. Elle quitte sa province natale à dix-huit ans pour entreprendre des études de Lettres à la Sorbonne. Une petite annonce affichée dans la salle de danse qu’elle fréquente en élève assidue et la voilà qui auditionne au Crazy Horse Saloon, où elle sera soliste pendant quatre ans. Elle sévira aussi dans une célèbre émission de télévision, toujours avec son image glamour de jeune danseuse. Passionnée depuis l’enfance par la peinture, elle reprend sérieusement les pinceaux après sa carrière artistique dans le show bizz. Que peint-elle ?

« Je peins le corps de la femme, plus exactement le mien. Je suis donc à la fois le peintre et le modèle. J’ai longtemps posé pour d’autres artistes, récemment encore pour Gérard Schlosser que j’admire beaucoup, à la fois en tant que peintre et en tant qu’être humain. »

Elle se défend de faire une peinture uniquement jolie et décorative.

« Effectivement quand vous êtes figuratif, les professionnels vous regardent souvent de travers. D’ailleurs, à la page culture des échos que j’ai lue récemment, il se dit que l’art contemporain est en rupture avec les formes de beauté communément admises. J’ajouterais moi, que ce n’est pas nouveau ! Et le directeur du musée d’art moderne de la ville de Paris de dire qu’il faut expliquer au public (je cite) « que de la même manière qu’il éprouve du plaisir à écouter des musiques nouvelles, on peut découvrir, avec un grand plaisir également, de nouvelle formes d’art. ». Je crois que personne n’explique qu’il faut aimer le rap ou la house. En ce qui me concerne, j’aime le rap, on ne m’a pas appris à l’aimer. Il en est de même pour l’art. Il y a suffisamment de salons, de musées, de livres et de revues sur le sujet pour que les gens comprennent seuls ce qu’ils aiment sans qu’aucune dictature ne leur impose ce qu’ils doivent aimer avec un discours, devenu paradoxalement, un peu trop académique. Moi aussi, j’ai aimé le mur blanc recouvert de chevilles de Mathieu Mercier. L’art, c’est une émotion, un ressenti. Quand on doit absolument l’expliquer, c’est qu’il ne se passe pas grand-chose. »

Quand je lui demande alors de m’expliquer sa peinture, elle rit. J’insiste. Je formule autrement ma demande. Pourquoi peint-elle son image de façon obsessionnelle ?

« La peinture est souvent obsessionnelle, pour ne pas dire toujours. Et puis, quand je me peins, c’est avant tout une femme que je peins. En tout cas, une des facettes de la femme qui m’intéresse plus particulièrement car pour moi, elle symbolise la liberté ».

Est-ce que ce n’est pas une peinture un peu facile, en tant que concept?

« Il ne faut pas croire que c’est facile de peindre une femme à demi-nue. L’érotisme dérange beaucoup plus aujourd’hui que la violence que ce soit sur la toile ou dans la vie de tous les jours. C’est évidemment la même chose à la puissance 1000 dans d’autres pays du globe : une violence extrême, en revanche, l’érotisme est proscrit et menacé par cette même violence. L’image du corps de la femme, désirable, est le garant de notre liberté. Dans les pays où on camoufle les femmes, elles sont réduites à l’esclavage. C’est peut-être un raccourci mais vous n’avez pas assez de lignes à me consacrer pour que je développe davantage. Et c’est le devoir de l’artiste, s’il en ressent comme moi la nécessité, de chercher à comprendre pourquoi la nudité, l’évocation du désir (qui, il faut le dire est le vecteur de la survie de l’humanité), pourquoi encore au XXI ième siècle est-ce un sujet tabou ? ».

Je n’ai pas de réponse à fournir à Kdom et tout ce que je peux dire, c’est que sa peinture m’a ému autant que le peintre car il y a une véritable authenticité et un charisme indéniable qui se dégage de la toile mais aussi du modèle.